Description
Mémoire Master2 Marie Soulard
En cette fin d’août 2022, la polémique fait rage partout en France au sujet d’une course de karting au centre pénitentiaire de Fresnes. Cette course mêlant détenus et gardiens est fortement décriée par plusieurs syndicats de surveillants pénitentiaires qui y voient une occupation de «club med». Tout un chacun s’empare de la question et s’indigne devant cette activité futile et coûteuse.Bien que plus discrète, la question de la médiation animale en milieu pénitentiaire est tout aussi épineuse. Elle est considérée comme une distraction
puérile qui amuse les délinquants avec l’argent du contribuable. Elle souffre également de préjugés aussi bien dans la société extérieure que chez les agents de surveillance. Ces derniers sont peu favorables à l’activité de médiation animale et ignorent en quoi elle peut leur être utile. Certains d’entre eux ne se sentent pas concernés par la mission de réinsertion et axent leur travail sur le maintien de l’ordre et de la sécurité. Toutefois, la médiation animale peut contribuer à la sécurité dynamique. Elle peut transformer les relations surveillant/personne détenue, faciliter la résolution des conflits et donc appuyer le maintien de l’ordre au sein de l’établissement. Une détention calme permet aux agents de mettre en avant leur rôle socialisant, d’être plus à l’écoute et disponibles ainsi que de travailler sur le processus de réinsertion soutenus par les intervenants. Les personnes détenues sont menées à se réconcilier avec elles mêmes, à renouer le lien avec l’extérieur mais aussi avec les agents pénitentiaires et leurs codétenus. C’est un cercle vertueux. L’objectif de ce mémoire est d’amener le personnel pénitentiaire à changer son regard sur la médiation animale en détention. Il y a vingt ans, faire entrer un chien en maison de retraite était considéré comme non hygiénique. Aujourd’hui, cela semble parfaitement normal et accepté par tous. Notons que l’administration pénitentiaire s’empare progressivement du sujet de la médiation animale en milieu carcéral. Ceci se met en place via la commande d’un livre blanc référentiel sur les pratiques de médiation animale ainsi que d’un comité de pilotage sur le sujet. Elle montre ainsi sa volonté d’encadrer au mieux ces interventions afin de les valoriser et les rendre crédibles au regard de la société.Nous constatons que le personnel de surveillance est mené à changer de regard sur les personnes détenues en participant au cotés des stagiaires à ces actions. Inclure d’avantage les surveillants dans les activités de médiation animale permettra donc de contribuer à l’amélioration des relations en détention, soutenir la sécurité dynamique et contribuer à la réinsertion des personnes détenues.
https://www.enap.justice.fr/sites/default/files/master2-2022_soulard_marie_memoire.pdf


